BALCON 1


ÉCRITURE
Jean Balcon

MISE EN SCÈNE
Julie Duchaussoy

JEU
Denis Boyer et Yoan Charles

COMPOSITION ET MUSIQUE LIVE
David Guéron




Note d'intention



Mercutio est un spectacle musical qui aborde la question de notre rapport à notre propre mort. Non seulement notre mort physique, mais aussi les morts que nous affrontons au cours d’une vie : le deuil de l’enfance, le deuil d’un rêve, le deuil d’une histoire d’amour, le deuil d’une croyance, le deuil d’une institution, le deuil d’un souvenir... Après avoir monté Le roi se meurt de Ionesco, j’ai eu besoin de continuer ma quête. Mais cette fois, avec mes propres mots, et puis avec ceux des acteurs, ceux des enfants que j’ai interviewés, ceux d’une médecin en soins palliatifs, ceux des habitants des villes où l'on joue... Dans Mercutio, on croise un moineau mort, un adolescent qui voulait être Jim Carrey, un homme qui fait des rêves érotiques dans une entreprise de pompes funèbres. Jean Balcon vous invite à plonger dans une expérience festive et intime, une réflexion vivante sur ce qui meurt en nous, ce que l'on peut accepter de perdre, et ce que l'on a envie de laisser.


Julie Duchaussoy



Création Mercutio



Ecriture de plateau


Ce spectacle est la première pièce écrite collectivement par la compagnie. Nous avons fait plusieurs résidences de recherches, de lectures, d’improvisations, de travail d’écriture à la table ou au plateau. Nous avons dégagé de notre chantier dix tableaux, qui pour nous, racontent la mort, de différentes façons. Chacun des acteurs s’est intimement engagé dans l’histoire que nous racontons. Le biographique côtoie la fiction. Ainsi, Denis Boyer et Yoan Charles témoignent, nous confient leurs peurs, leurs deuils et leurs combats.
Mercutio est le nom de l’ami de Roméo. Il meurt au début de la tragédie de Shakespeare. Nous avons emprunté son nom comme un hommage à l’ami qui meurt.
Dans notre pièce, Denis a perdu son ami Mercutio. Cette mort l’amène à vivre en se posant beaucoup de questions sur sa propre mort. Ainsi, il démarre le spectacle en organisant la répétition générale de son enterrement.
Yoan quant à lui aborde la mort de manière plus transversale. Il évoque des morts plus « symboliques » : le renoncement à un rêve, la mise en péril du service public...
Les histoires des deux acteurs se côtoient et se répondent. Les corps prennent parfois le relai des mots.

Musique


Nous sommes accompagnés d’un compositeur, qui, à nos côtés a écrit la partition musicale de Mercutio. Nous avons la chance d’avoir une troisième voix sur scène, celle du piano, qui vient soutenir ou contrarier ce qui se raconte.
David Guéron nous a aidé à plonger profondément dans chacun des tableaux. Il amène de l’humour, de la sensibilité, du paradoxe dans ce que nous avons écrit.
Notre musicien nous fait voyager. Gospel, électro, latino, blues, récital, percussions, chant de stade... En clin d’œil ou à pieds joints, on saute d’un univers à l’autre.

Mise en scène


Comme dans nos autres spectacles, nous aimons changer de théâtralité à chaque fois que nous changeons de scène. Nous restons sur notre fil, nous racontons la même histoire. Mais nous utilisons différents moyens pour convaincre.
Notre théâtre est populaire et festif. Il est ambitieux car il fait confiance au spectateur dans le sens où nous croyons en sa capacité à élaborer sa propre pièce d'après ce que nous lui proposons. Nous sommes assez sereins avec l’idée que chacun viendra chercher quelque chose de différent en venant voir notre spectacle, et que chacun repartira aussi, avec ce qu’il aura bien voulu recevoir.
Nous avons aussi toujours la volonté d’écouter le public au sujet du thème que nous abordons.
Ainsi une des scènes est composée de voix d’enfants que nous avons interviewés et qui viennent témoigner de leur perception de la mort.
De plus, en amont de chaque représentation, nous formons un groupe de cinq amateurs qui participeront au spectacle. Ces cinq personnes sont invitées à un atelier d’écriture mené par la metteure en scène. À partir de ce qu’elle recueille, la metteure en scène rédige un éloge funèbre que chacune et chacun des participants viendra lire pendant la représentation.
Une répétition avec eux est organisée avant le spectacle.
Le son a une place très importante dans notre pièce, parce qu’il y a beaucoup de musique, mais aussi parce que nous nous sommes toujours questionnés sur la meilleure façon de faire entendre chacunes de nos histoires. De sorte que certaines paroles sont à voix nues, d’autres au micro. L’écoute des textes est très différente d’un moment à l’autre.
On assiste à des confessions murmurées au creux de l’oreille, on subit les cris perçants d’un acteur qui revit son adolescence, on est sollicité pour participer au chant choral d’un autre acteur qui fait chanter la foule pour sa cérémonie de départ.
Décor nu, acteurs et piano. Comme une cérémonie qui aurait bizarrement tourné.


La compagnie Jean Balcon



La compagnie Jean Balcon est une compagnie de théâtre. Elle a été fondée en 2014 à Paris par Julie Duchaussoy et Yoan Charles, tous deux formés au Conservatoire d’Art Dramatique de Bordeaux puis à l’École Supérieure d’acteurs du Théâtre National de Bretagne. La compagnie Jean Balcon propose des spectacles et des évènements culturels qui se jouent en intérieur comme en extérieur. Les spectacles sont la plupart du temps accompagnés d’actions sur le territoire, de rencontres avec les habitants, et parfois de participation du public.

En 2017, Julie Duchaussoy met en scène Le roi se meurt de Ionesco au Ciné 13 Théâtre à Paris. La pièce joue pendant six semaines et obtient de beaux retours dans la presse. Puis, elle crée avec Yoan Charles deux récitals de poésie-musique, en complicité avec les Editions Bruno Doucey : Mallarmé dans ton jardin, puis Dessinées de Zaù, récital musical et dessiné.
Implantée depuis janvier 2019 à Toulouse, la compagnie travaille avec le service culturel de l’Université Toulouse 1 Capitole sur les « Effractions philosophiques ». Il s’agit d’interventions d’interruption organisée de cours, par la compagnie, afin de délivrer quelques minutes de philosophie aux étudiants du campus. La compagnie est intervenue en 2020 avec la création I love Michel Serres et en 2021 avec la création All the Philo Ladies. En 2022, elle intervient avec des « Effractions poétiques » avec des textes d’auteurs de la Méditerranée, dans la création Le Flow de la mer.
En juillet 2021, la compagnie joue sa nouvelle création Mercutio, au festival de rue d’Art-d’Art à Verdun-sur-Garonne.
Lauréate du prix Olympe de Gouges décerné par la Ville de Montauban pour le projet Artémis, la compagnie organise en novembre 2021 un marathon lecture de l’intégralité du Feuilleton d’Artémis de Murielle Szac en présence de l’autrice, de trois comédiens de la compagnie, et de cent lecteurs amateurs. Cette lecture publique de 12 heures a lieu à la Mémo dans le cadre du festival Lettres d’Automne. En mars 2022 a lieu la représentation du Feuilleton d’Artémis, spectacle mythologique et déambulatoire dans les rues de Montauban, réunissant 4 comédiens de la compagnie et 40 amateurs (enfants, danseuses du Conservatoire, habitants des quartiers. )
La compagnie donne des ateliers réguliers à l’Université Toulouse 1 Capitole et au collège Georges Sand. Elle intervient dans des établissement scolaires dans le cadre du Parcours laïque et citoyen avec l’association Apprenti Reporter d’Oc, et elle donne des stages pour différentes associations (Association Of, Association des habitants de Sapiac, Confluences...)