Cie Terrain Vague


Temps, Mort.


En résidence du 08 au 31 décembre


Cie terrain vagues illust

Titre du projet / auteur
: TEMPS, MORT. (opéra brut pour treize abrutis) / Romain LAFON-PACHOT

Distribution: Scarlett Audry, Jérôme de La Bernardie, Loïc Derouineau, Louise Espaignet, Isabelle Francoz, Isabelle Gaspar, Romain Lafon-Pachot, Marion Méric, Louise Morel, Lola Raigneau, Amarine Rignanese, Léa Saunal, Antoine Toulemonde

Note d'intention (max 30 lignes)


Tout le malheur des hommes vient de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. – Blaise Pascal Treize âmes désœuvrées s’agitent et se pavanent dans un espace éternel.
Il s’agit de la fusion et du développement de deux courtes formes d’environ 15 minutes chacune, basées sur une compilation de poèmes brefs que j’ai écrits – pour la plupart d’entre eux – durant le premier confinement afin de TUER LE TEMPS : des logorrhées, des calligrammes, des dialogues et des chansons, qui évoquent et incarnent notre impuissance face au temps qui passe, notre ennui quand il s’étire, notre angoisse quand il file, notre peine à le prendre, notre peur de le perdre ...
Mais pas question de se complaire dans un pessimisme sérieux pour faire un spectacle mortifère ; au sortir de cet enfer sanitaire, quand nous pourrons enfin rejouer devant de vrais publics, nous offrirons ce qui nous a tant manqué à tous : une FÊTE. Pour célébrer la joie de vivre en ces temps morts, pour exorciser cette crise interminable que nos vies subissent. Pour rire à pleins poumons de l’absurdité du monde et redonner au spectateur le désir de beauté.
Ce sera une donc fête folle, une orgie poétique, un « opéra brut » ; opéra, car spectacle bâtard où se mêlent théâtre et danse sur une progression musicale : une forme sans fil narratif, qui instaure un rapport direct avec le spectateur et s’adresse d’abord à ses émotions plutôt qu’à son intellect ; et brut, à l’instar des œuvres d’Art Brut, assumant leur amateurisme, et faisant de lui leur force. En effet, si nous sommes plusieurs à aimer chanter et quelques uns à pratiquer la danse et jouer d’un instrument (2 guitaristes, 2 pianistes, 2 accordéonistes et 2 clarinettistes), nous sommes avant tout des comédiens, et notre manque d’expérience et de virtuosité est source de comédie et de liberté. L'esthétique de cet opéra est manifestement pauvre (des costumes cheap, une scénographie à la craie) – non pas pour le pur effet comique de tourner en dérision le théâtre, mais pour la magie naïve spécifique à cet art qui fait qu'un vieux drap sur l'épaule nous transporte dans la Grèce antique. À l’âge d’or de Netflix et du « distanciel », nous prônons le divertissement de la beauté simple des présences, des voix, des êtres en chair, en os ...et en nombre ! Nous sommes treize : nous sommes beaucoup, et c’est précieux ! Voir une foule sur un plateau est rare aujourd’hui ; nous profitons de cette chance pour exploiter les possibilités scéniques spécifiques à la multitude et travailler l’énergie du chœur qui se lie et se délie. Avec Temps, mort nous défendons ainsi un théâtre vibrant et accessible, un théâtre qui revendique sa bêtise, sa fragilité et sa pauvreté.

Nous amuser du sordide de l’incessant débat quotidien
En cette époque marquée par des deuils collectifs (attentats, épidémies,...) et des révoltes réprimées par les larmes (littéralement : à grand renfort de gaz lacrymogène) l’impuissance face au monde sécuritaire, capitaliste et destructeur se fait sentir. A l’heure du dérèglement, climatique, émotionnel, social, et vibratoire, voici une allégorie du désespoir où rire de nos propres larmes devient un exutoire qui purge et déploie.

Les pleureuses, fonctionnaires du futur qui purgent les cœurs asséchés
Après tout, une industrie des affects existe déjà. Les émotions et les marchandises sont coproduites. Nous achetons des livres pour apprendre à aimer, nous utilisons des applications de rencontre qui se nourrissent de l'espoir pour capter le temps de leurs utilisateur.trice.s, nous faisons du teambuilding pour susciter de l'empathie, nous construisons des parcs d’attraction pour provoquer de la joie ! Le travail de nos pleureuses vient ajouter sa contribution à la longue liste des items de cette industrie en s’appuyant sur des images de la mythologie et du sacré !

Présentation de la Cie et / ou de l'équipe en travail (max 20 lignes)

« Les pieds dans la boue, la tête dans les étoiles... » Terrain vague est née en 2020 d’un désir commun de création entre cinq comédiens issus du conservatoire départemental du Val Maubuée (77).Le déclencheur survient l’été 2019, quand les comédiens projettent de se rencontrer pour une exploration dramatique autour de l’institution (EHPAD, équipes soignantes, résidents, familles ...). La rencontre a lieu à Saint-Denis d’Oléron, à ciel ouvert sur un terrain vague. Terrain vague, c’est un terrain non occupé, non constructible, une terre agricole stérile, improductive, abandonnée et inutile au milieu du brouhaha et du vacarme continu. Entre les graviers et les ordures s’invitent les fleurs sauvages, les nids d’insectes et les gosses venus jouer en cachette. Sur ce terrain non défini, tout est possible.
Les Treize comédiens de TEMPS, MORT. composaient la promotion 2020 de la formation Présences d’acteurs du Théâtre Le Hangar à Toulouse

Pour en savoir plus


https://cieterrainvague.fr/