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AUTEURE ET INTERPRÈTE
Ilaria Senter

AUTEUR ET INTERPRÈTE
Mikel Ayala

MISE EN SCÈNE
Virginie Baes

CRÉATION LUMIÈRES
Thomas Bourreau




La Corporation


Créée en 2009, la Subliminati Corporation est un outil pour questionner, mettre à nu, vibrer, pour vivre. Elle a pour objectif de promouvoir des spectacles vivants, énergiques et acidulés.

La Corporation est Lauréate Jeune Talents Cirque Europe en 2009. Elle a à son actif quatre créations pour un total de 400 représentations sur la scène européenne. Les spectacles : #file_tone, Le cabaret Subliminal, Deixe_me, Made_in sont joués au Festival d'Avignon, à Circa, aux Subsistances, au Théâtre de la Villette, à la Scène nationale de Creusot... et à l'international : au Danemark, au Mexique, en République Tchèque, en Espagne, en Italie, en Suisse, en Israël et en Angleterre. La Subliminati Corporation travail depuis plus de dix ans avec la metteuse en scène Virginie Baes complice à la dramaturgie et à la direction d’acteur de trois de ses spectacles et également de la prochaine création.

Propos


La fin d’abord retrace la carrière du circassien du début au dernier numéro, imaginant un avenir loin des exploits du corps. Peur, fatigue et douleur : le cirque devient un instrument pour développer le rapport entre contrainte et liberté.

Cette pièce mêle l’utilisation du jonglage (massues et hula-hoop), de la traction capillaire, de l'acrobatie, du fusil de tir, du fouet, de la nouvelle magie.

Pourquoi le cirque peut être le bon art pour traduire notre société contemporaine ? Notre vie quotidienne n'est-elle pas poussée à l'extrême ? Ne nous sentons-nous pas tous un peu marginaux ? Exclus ? La précarité de l'artiste n'est-elle pas aujourd'hui celle de tous ? N'avons-nous pas tous souvent l'impression d'être des stars qui brillent par moments avant de disparaître dans l'oubli ?

“J’ajoute pourtant que tu dois risquer une mort physique définitive. La dramaturgie du Cirque l’exige. Il est, avec la poésie, la guerre, la corrida, un des seuls jeux cruels qui subsistent. Le danger a sa raison : il obligera tes muscles à réussir une parfaite exactitude – la moindre erreur causant ta chute, avec les infirmités ou la mort – et cette exactitude sera la beauté de ta danse (...) Et ton costume ? À la fois chaste et provocant. C’est le maillot collant du Cirque, en jersey rouge sanglant. Il indique exactement ta musculature, il te gaine, il te gante, mais, du col – ouvert en rond, coupé net comme si le bourreau va ce soir te décapiter – du col à ta hanche une écharpe, rouge aussi, mais dont flottent les pans – frangés d’or. Les escarpins rouges, l’écharpe, la ceinture, le bord du col, les rubans sous le genou, sont brodés de paillettes d’or.”


Le funambule - Jean Genet


Rouge
est la couleur du cirque : la piste, les fauteuils, le costume.
Rouge est le nez du clown. Le clown est le dernier refuge, la condamnation, la punition de l'artiste de cirque d'âge mûr qui, ayant abandonné les exploits qui lui valaient des applaudissements, se consacre à la poétique de l'échec.
Rouge est le désir toujours brûlant et, en même temps, le renoncement de l'artiste qui utilise son corps comme moyen d'expression et qui, au sommet de sa carrière, est obligé d'abandonner sa passion.
Rouge est la violence de ces parents qui, par frustration personnelle, parce qu'ils n'ont pas "réussi", cherchent la rédemption à travers leurs enfants.
Rouge est le piétinement de la dignité.
Rouge est le pouvoir.
Rouge est le communisme.
Rouge est la Chine.


Note d’intention


La fin d'abord sera un spectacle multidisciplinaire qui utilisera le théâtre du texte, le cirque et la performance. Nous défendons le droit des circassiens à la parole, une parole cirquée, le lien organique entre textes et cirque est au cœur de notre démarche artistique. Nous utilisons les disciplines de cirque traditionnelles intégrées dans une narration qui traduit l'ordinaire que l'on vit.

Notre parole n'est pas poétique, elle est essentielle, elle n'évoque pas, ne suggère pas, elle affirme, elle pointe du doigt!

La forme est au service du contenu dans un discours qui fait appel à l'univers de l'intime et du politique.

Pas d'onirisme, pas de conceptualisme. Notre recherche ne s'inscrit pas dans le domaine chorégraphique, nous ne voulons pas transporter le public dans un ailleurs, dans un imaginaire lointain. Nous exaltons la puissance du réel, des personnes en chair et en os, de l'effort non dissimulé. Nous voulons transmettre à un niveau épidermique : le vertige, la fatigue, la douleur, explorer la gravité du corps, de l'objet, au moyen d'actions physiques-performatives et d'une parole qui n’est pas indissociable du corps qui la porte.

Nous adoptons la provocation du bouffon, le fracas du clown, le rapport au réel de la performance et la technique de cirque comme outil pour séduire le public. Nous nous servons du cirque à la manière du bouffon : traiter des sujets forts, dépasser « les limites » et convoquer la beauté, la générosité propres au cirque pour se faire pardonner... juste pour aller encore plus loin. Nous ne cherchons pas le consensus, ni la provocation gratuite, nous visons la justesse d'une parole qui dépasse les limites par excès d’honnêteté.

La nôtre est une écriture tragi-comique, construit sur la superposition d'images contrastées qui créent des frictions, des tensions, de l'ironie.

Nous affirmons une cohérence dramaturgique sans nous lier à la progression d'une histoire. Nous ne proposons pas une narration linéaire, nous ne racontons pas l'évolution d'un même personnage. Nous construisons les scènes comme une mosaïque de situations, de fragments qui inscrivent leurs cohérences dans la globalité.



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