CETTE PAGE EST EN COURS DE RECONSTRUCTION

Attention ! La plupart des informations ici présentes sont incomplètes ou caduques, et concernent pour la plupart le Théâtre du Hangar au 11 rue des Cheminots, en voie de destruction ; un lieu qui n'existe plus. Nous faisons notre possible pour mettre à jour cette page.

Stacks Image 3


Passé, présent et futur du théâtre le Hangar



Bon, on s'en doute, il n'y a pas
une histoire du Hangar. Un lieu comme celui-ci, par définition, y a des buissons obscurs. Un lieu comme celui-ci, placé là où il est, habité par les gens qui y ont habité – et ça fait un paquet de fauteur.euses de trouble – et compte tenu de l'activité qui s'y est pratiquée pendant trente-deux ans, ça relève plus de l'enquête que de l'historique Wikipédia.
Ce n'est pas le viaduc de Millau.

Le Hangar, on peut le prendre par plusieurs bouts : le bout du théâtre (fuyant, celui-là), des histoires d'amour, le bout de la démolition d'un quartier, d'une ville, et à travers eux, les corps, les gens, leur outil de travail.

Alors, on consentira à en raconter un gros bout, avec des dates, des repères, quelques données fiables. Pour le reste, il y a le poème, et quelques verres au coin du bar.

1993. Laurence et Didier se rencontrent dans ce qui deviendra quelques années plus tard le bar du théâtre Le Hangar et qui est alors la salle de cours et de répétition de l'Espace Vide, fondé par Georges Bratoëff de la Cie Les Insomniaques.

1999. La Cie Les Insomniaques renonce à son projet de lieu, et la Cie Lohengrin, toute nouvellement formée, lève le doigt pour dire : « on reprend ! » : le projet du Hangar devenait foetal, sinon fatal. La Cie Lohengrin d'alors c'est : Laurence Riout, Jean-Marie Champagne qui a fait ses premiers pas de théâtre dans l'Espace vide, Séverine Husson, Jean-Pierre et Didier Roux.

Et c'est un an après, en 2000, que Le Hangar devient Le Hangar.

Très vite, la transmission et la création sont au coeur du lieu, avec ce qui s'appelle l'Atelier intensif et les cours du soir, qui permettent au lieu d'exister, et qui ne cesseront jamais. C'est aussi ce qui reliera entre elles et eux des dizaines et des dizaines de comédiens et comédiennes de passage, artistes en devenir et amoureux du théâtre ; qui ont pour point commun de connaître tous les petits trous qui laissent passer la lumière sur le mur du fond de la salle.

Explorations, laboratoires, trois à quatre créations en un an, les années 1999, 2000 et 2001 commencent fort. Vivre sa vie, de Godard (Didier Roux), Le Nuage en pantalon de Maiakovski (Laurence Riout), Aurélia Paris de Marguerite Duras (Laurence Riout), les poèmes d'Heiner Müller, puis Le Temps et la chambre, de Botho Strauss en 2001, mis en scène par Didier Roux. Tout cela ancre le travail de la Cie dans le goût de formes poétiques radicales et ouvertes sur d'autres champs artistiques, où le seul texte, tout en étant fondamental, n'est pas plus important que le plateau, l'espace, le corps en mouvement, la musique.

En 2003, la Cie Lohengrin est à trois têtes, Laurent Perez, Laurence et Didier ; avec déjà, de nombreux compagnonnages : toujours avec Jean-Marie Champagne, comédien sur de nombreuses créations, impliqué dans la programmation et la vie du lieu, et Sébastien Lespinasse, rencontré bien avant, alors qu'il prend des cours à l'Espace Vide.

Ensemble, ils fondent un festival dédié à l'écriture poétique contemporaine mise en voix, d'abord les Perf'oreilles, puis les Bruissonnantes avec Yves Lepestipon, qui fera en 2026 sa quatorzième édition. Ils forment à l'occasion un quintet poématique, les Parleurs. Un festival et donc un lieu qui aura vu et entendu Frédérique Soumagne, Antoine Boute, Catherine Froment, André Gache, Edith Azam, Joël Hubot, Dominique Collignon-Maurin, et bien d'autres encore, ainsi que de nombreux musiciens et musiciennes zinzins.

Le Hangar, ce sont aussi des cabarets, dans les années 2007, 2008, et les Soirées Pouce impulsées par Laurence Riout, soirées improbables qui ont toutes en commun qu'on y mange, boit tard dans la nuit, autour de chansons, textes, pensée en mouvements, petites formes et accueil qui font aussi la signature du lieu. C'est aussi la poursuite de la recherche de Didier sur le déplacement d'objets et les verbes d'action. La présence fondamentale et marquante de Bernard Guitté en tant que pédagogue au sein de la formation jusqu'en 2021.

Plusieurs dates importantes encore :
la presque-mort et renaissance du Hangar par l'attribution spontanée (sans rien demander ! Autres temps) de la ville ; puis le conventionnement de la formation par la Région Occitanie en 2015, qui permet au lieu de perdurer et de tenir ses choix politiques et artistiques. Lise Avignon, comédienne dans les créations de Didier Roux, et ayant travaillé des années sous la direction de Bernard Guitté, rejoint l'équipe pédagogique en 2016, pour les cours du soir, puis en tant qu'intervenante au
sein de la formation professionnelle.

Le Hangar, c'est enfin une flopée de noms, morts et vivants, présents, absents, partis et revenus : Heiner Müller, Jean Genêt, Tarkos, Armando Llamas, Crimp, François Tanguy, Guérasim Luka, etc, mais aussi, non cités de manière détaillée dans ce bref historique, mais néanmoins importants pour ce lieu, pour leur travail et leur présence,

en qualité d'intervenant.es artistiques :

Anne Violet, Emilie Perrin, Antonia Pons-Capo, Hélène Lafont, Valentine Porteneuve, Loan le Dinh

en qualité d'administrateur.ices : Anne Soulat, Erwan Bouvier, Olivier Leliège, Sylvain Loyseau

en qualité de régisseurs : Dario Sageva, Olivier Marchepoil, Fabien Le Prieult

de travailleurs et travailleuses de la communication, la programmation : Marie-Charlotte Regimbeau, Alex Chantron, Martin Motte, Esther Cohen

d'amis, de copains, de figures, et il en manque, c'est sûr : Jean-Marc Boulard, Philippe Gelda, Marine Guipet, Salomé Michaux, Cassandre Scotto Di Vettimo, Nathalie Andrès, Nathalie Nauzes, Olivia Kerverdo, Anne Soulat, Christine Blanchard, Olivier Tarasse, Nathalie Carrié, Giovanni Iacomini, Renata Antonante, Elaine Lopes

A partir de 2018, plusieurs séismes, mouvements renversants, et changements paradigmatiques : destruction annoncée du quartier Bonnefoy par la Mairie, Le Hangar menacé d'être converti en open space, siège de banque, ou pire, fondation de l'affreuse, immense, grotesque Tour Occitanie. S'ensuivront de longues années de tractation avec la Mairie de M.Moudenc pour un relogement qui n'a jamais eu lieu. Usure, temps perdu, le lieu perd sa boussole, sa programmation, et enfin sa vocation d'accueil en résidence, de lieu vivant.

Le Covid, en 2020, donne un sacré coup sur la tête du secteur, le Hangar n'étant pas épargné. A la suite, le Pavillon Mazar, Mix'art Myrys ferment, suite à des décisions politiques de la Mairie de Toulouse, et ouvrent le bal des enterrements de lieux qui ont contribué, pendant de longues années, à la vitalité artistique et humaine de la ville.

Entre temps, en 2019, Laurence Riout quitte la Cie Lohengrin, et monte la Cie De Rosa pour porter ses créations. Si elle quitte la responsabilité de coordination du Hangar, elle demeure présente au groupe de programmation, à la codirection des Bruissonnantes, et à la coordination de la formation, toujours en tandem avec Didier Roux. Elle a ouvert un lieu dans le Tarn (81), le GALTA, à vocation d'accueil de résidences,stages, et représentations.

En septembre 2024, le théâtre se sépare de son régisseur, et équipe administrative. Une équipe de survie se met en place pour soutenir le lieu, le faire tenir debout en attendant qu'une réelle solution de relogement soit trouvée. La saison sera nomade, la formation sera accueillie par le Théâtre Garonne, la Gare aux artistes, le théâtre de la Digue, le théâtre Jules Julien. En février 2025, la Région menace de couper le financement d'un certain nombre de places au sein de la formation, ce qui remet en question son existence.

Au terme d'un combat politique épique (mais qui écrit ce texte?), les places sont sauvegardées ; pour un temps… La formation jumelle dispensée par le Théâtre 2 l'Acte (anciennement au Ring) est elle en voie de disparition, faute de financement, et de lieu.

Et maintenant ?

Et maintenant, il faut faire face à un monde d'une brutalité inouïe, un modèle culturel agonisant, le mépris des pouvoirs publics, la gentrification galopante des villes, la violence faite au langage lui-même. Faire lieu, c'est toujours se donner une petite chance, à plusieurs, d'y résister. De préserver ce qu'il y a de plus fragile : des gestes inutiles, des corps dansants, des frottements de la pensée et du langage ; et puis des amitiés, des rencontres, la possibilité de lieux-asiles, peu chers, qui ne cèdent rien ni à l'exigence, ni à l'hospitalité. Recréer du commun.

Au printemps, puis à l'été 2025, les grandes fatigues accouchent de grandes décisions : Le Hangar, 11 rue des Cheminots, fermera définitivement le 30 novembre 2025. La formation sera décalée, et commencera mi octobre 2026. En parallèle, Didier Roux propose à Lise Avignon, et eux deux proposent à leur tour à quelques personnes, liées de différentes manières au Hangar, à son histoire et à son héritage artistique, de refaire groupe. D'abord pour penser le futur, se rencontrer, échanger sur ce qu'est un lieu, de ce pourquoi c'est toujours, et à jamais, nécessaire. Et puis pour s'atteler sérieusement et à plusieurs, à la recherche d'un endroit où poser linos et planches, gradins et costumes.

Un lieu nécessairement dépositaire de traces, d'une certaine mémoire du théâtre du Hangar, cet outil de travail élaboré depuis plus de vingt-cinq ans, avec sa formation reconnue, affûtée, toujours vivante, ses ateliers, des trajectoires et des rencontres fécondes qui n'ont jamais cessé, et qui traversent les murs. Mais aussi un lieu tout neuf, avec un autre nom ! Et c'est aussi joyeux.

Ces recherches de lieu vont bon train, et nous ne doutons pas qu'elles arrivent, quelque part, à quai.

Restons groupés, on attend la suite.

Série documentaire

"Le Hangar, un théâtre mais encore…"
Une série documentaire en 11 épisodes réalisée par Mém'Audio qui traverse une saison durant la vie du théâtre.

Une manière de découvrir les dessous du travail engagé par les équipes du théâtre; de la formation professionnelle aux soirées de programmation, tout y est.